G20 : Des accords sur quelques remèdes, malgré les divergences et la menace de chaise vide

par Zakariaa 3 Avril 2009, 21:08 Crise Financière 2008

Enfin la réunion  tant attendue, des dirigeants des vingt plus grandes économies du monde, s’est tenue à la date prévue le 2 Avril 2009. Le sommet s’est distinguée par des divergences de points de vues qui ont poussé le président français Nicolas Sarkozy à menacer de claquer la porte du sommet si le résultat ne sont pas ambitieux à ses yeux. Toutefois, les médias rapportent que le président Obama a affirmé que les divergences entre les différentes parties, au G20, ont été très exagérées.

Malgré ces divergences, la déclaration finale de ce sommet, nous rapporte que les leaders du G20 sont mis d'accord, pour la première fois depuis 1945 et les accords de Bretton Woods, pour réformer en profondeur l'organisation internationale et définir une stratégie de sortie de crise. Ainsi, les dirigeants s’accordent sur l’ensemble des grands sujets à l’ordre du jour, à savoir ; les aides financières internationales notamment du FMI, paradis fiscaux, titrisation, normes comptables, salaires et bonus dans la finance, agences de notation.

Dans ce cadre, nous rapporte hier la tribune dans son édition spécial, de très importants moyens financiers supplémentaires ont été octroyés pour soutenir l'économie mondiale : 500 milliards de dollars de plus pour le FMI dont les moyens vont ainsi être triplés, 250 milliards de dollars pour les instances internationales afin de soutenir le commerce mondial, 250 milliards de dollars de DTS, droits de tirages spéciaux (panier de monnaie) supplémentaires et 100 milliards de plus pour les banques de développement. Soit un total de 1100 milliards de dollars. Selon le communiqué final, les mesures prises vont permettre d'injecter 5000 milliards de dollars supplémentaires dans l'économie et de permettre sa transition vers un système respectant davantage l'environnement.

Une organisation mondiale de la finance, le Conseil de stabilité financière, va se substituer à l'actuel Forum de stabilité financière afin d'intégrer les grands pays émergents tels la Chine et l'Inde ainsi que l'Espagne, les pays du Forum de stabilité financière, et la Commission européenne.

Sur les paradis fiscaux, l'accord stipule que "le temps du secret bancaire est révolu". Si une liste n'a pas été publiée à l'issue de la réunion, elle doit être publiée par l'OCDE et le G20 en prend note. Les pays non membres discuteront avec l'Organisation afin de voir comment ils vont se plier à ses règles. Nicolas Sarkozy a expliqué qu'il vaut mieux que ce soit l'OCDE, dotée dun secrétariat général et non le G20, qui gère ce dossier. Il n'a pas caché qu'il y avait eu un "débat franc".

Sur la titrisation bancaire, à l'origine d'une partie de la crise avec la titrisation des fameux prêts immobiliers à risque américains, les "subprime", décision a été prise d'imposer aux banques d'en garder une partie dans leur bilan. Aucun ratio n'a été fixé, la France indiquant que la décision a porté autour des 5% mais que Paris et Berlin veulent aller au delà.

Autres responsables partiels de la crise financière, les agences de notation feront l'objet d'un contrôle accru sous la forme d'un code de bonne conduite, tout comme les fonds spéculatifs ("hedge funds") qui auront une obligation de déclaration et d'immatriculation. Les normes comptables seront revues notamment pour ne pas prendre en compte la seule valeur du marché qui amplifie les effets des variations boursières et donc les crises financières quand les marchés dégringolent. Les pays du G20 se sont aussi mis d'accord pour mettre en oeuvre de "nouvelles règles" sur les salaires et les bonus au niveau mondial. Ils ont adopté un principe commun de politique salariale responsable.

Donc, alors qu’on s’attendait à ce que les Leaders s’occupent de la régulation profonde de la crise, au lieu d’apporter des remèdes immédiats, nous remarquons qu’à travers cette déclaration finale du G20, on tente de  légitimer un système pourtant en crise structurelle et de renforcer le rôle de ses institutions les plus contestées (FMI, Banque Mondiale).


Source de la déclaration finale: La Tribune.fr - 02/04/2009 à 15:03

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commentaires
B
Principales mesures du G20<br />  <br /> Une meilleure transparence des marchés financiers<br /> - La lutte contre les paradis fiscaux : les banques des pays concernés ne pourront plus imposer le secret bancaire aux administrations fiscales sous peine de faire figurer leurs pays sur la liste des pays fiscalement non coopératifs publiée par l´OCDE ;<br /> - Le contrôle des fonds spéculatifs : les fonds d´importance systémique (hedge funds...) devront faire l'objet d'un enregistrement auprès des régulateurs nationaux et seront contraints à une gestion plus transparente ;<br /> - L'encadrement des bonus des traders : les bonus ne pourront plus être discrétionnaires mais devront être approuvés par les conseils d´administration de leurs établissements ;<br /> - La refonte des normes comptables internationales : ces dernières devront être harmonisées en un standard unique afin d´accroître la sécurité financière.<br />  <br /> Le renforcement des institutions financières<br /> - Le triplement des ressources du FMI (de 250 à 750 milliards de dollars) grâce à de nouveaux prêts bilatéraux et à l´augmentation de ses droits de tirages spéciaux ;- L'augmentation de la capacité de prêt de la Banque Mondiale de 100 milliards de dollars par an sur trois ans ;- La création d'une organisation mondiale de la finance, le Conseil de Stabilité Financière, qui remplacera le Forum de Stabilité Financière et associera les grands pays émergents.<br />  <br /> La lutte contre le protectionnisme<br /> Le G20 a également appelé à lutter contre le protectionnisme et à cet effet, à conclure au plus vite les négociations de Doha<br />  <br /> Source : les Echos.fr le 06/04/09<br />  <br />  
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S
SalamRien que le fait de subventioner le FMI, justifie que les occidentaux ne veulent pas apprendre les leçons et comprendre que les peuples sont plus libres et que leur politique ne marque plus.
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A
Depuis la création en 1999 de ce forum économique, appelé Groupe des 20 ou G20,  les Etats-Unis et la Grande-Bretagne lui imposent leur philosophie purement ultralibéraliste. Par peur de perdre leurs petits avantages,  ces superpuissances ne veulent pas lâcher le morceau, et ce, malgré les limites de ce système qui est à l’origine de la succession de crises économiques et financières qu’a connu le monde.<br /> La dernière réunion du 2 Avril 2009 et comme à l’accoutumer n’était pas du tout un succès comme ils avancent. Les quatre orientations adoptées, lors de cette réunion et qu’ils jugent comme décisives pour sauver l’économie mondiale, ne prennent pas en considération les grands déséquilibres monétaires, budgétaires et commerciaux, qui sont aussi à l'origine de la crise que nous vivons aujourd’hui
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A
J’ai beaucoup apprécié le commentaire de qq que je salut en cette occasion. C’est très intéressant ce qu’il dit et c’est la raison pour laquelle je vous en fait part. <br /> « Le grand théâtre se poursuit pour la foule des spectateurs. Verra t'on le bal des maudits décider de la fin des paradis fiscaux ? On frissonne d'avance. Pour rien, ou si peu. Si tout se passe comme le prévoit le G20 unanime, tout recommencera comme avant dès cet automne ou au printemps, selon les pays. Sinon ? on commencera à réfléchir sérieusement. Réjouissez-vous, ce n'est pas donné à toutes les générations de vivre ce genre de crise. J'espère être dans l'erreur, mais le pire n'est pas passé, très loin de là. Malgré les faillis et les pertes d'emploi. Les menteurs et les voleurs croisent les vautours, même pas embarrassés des cadavres amoncelés, guettant le signal pour replonger avec délectation dans un plaisir orgiaque sans fin. Le bon sens ? Mais quel bon sens ? Il n'y en a qu'un : se servir le plus possible tant qu'on peut ».
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